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Tribune | Les écologistes au pouvoir en Europe sont au centre et non à Gauche ou à l’extrême Gauche

Elle est rédigée par Patrice Miran, Co-fondateur historique des Verts, Membre du bureau politique de l'Alliance écologiste indépendante et adjoint en charge de l'écologie à la Mairie de Vence


En France, EELV (et bien sur le système politico-médiatique) tente d’accréditer l’idée que le choix qui s’offre aux écologistes aujourd’hui est celui d’arbitrer le sempiternel débat entre la Gauche de gouvernement et la Gauche de contestation : Valls ou Mélenchon.


Rien pourtant historiquement dans le mouvement écologiste français n’amène naturellement à ce type de débats. Que ce soit pendant les années 60-70 qui ont vu l’émergence des premières structures organisées ou pendant la première décennie d’existence des Verts (1984-1993) le positionnement des écologistes et de leurs électeurs n’était pas à Gauche.

C’est d’ailleurs pendant cette période (à l’exception de la brève tentative de Cohn Bendit lors de la création d’Europe Ecologie en 2009) que les écologistes français ont réalisé leurs meilleures performances (cf. les élections européennes de 1989 avec près de 12 % ou les régionales de 1992 où le score cumulé Verts-GE avoisinait les 15 %).

Avec la prise de contrôle par l’extrême Gauche des Verts en 1993 une longue nuit s’est abattue sur l’écologie politique en France et avec elle une stagnation en termes de performances environnementales (part des ENR, intensité énergétique de la croissance, proportion des espaces naturels et agricoles et importance de la biodiversité ordinaire, répartition modale des transports etc..).

Malgré ce piètre bilan dans le climat de confusion intellectuelle ambiant la direction d’EELV louvoie dans la plus parfaite des contradictions en nouant de fréquents partenariats avec le Front de Gauche ou ses satellites en France tout en se félicitant de la progression des écologistes en Europe.

En Europe pourtant dans les pays où les écologistes sont forts sur le plan électoral et gouvernent ils sont sur des positions politiques à l’opposé d’EELV et bien plus sur la ligne de l’Alliance écologiste indépendante.

En Allemagne tout d’abord. Depuis plusieurs décennies maintenant les Verts gouvernent des grandes villes  et des Länder  (à l’heure actuelle c’est le cas en Hesse, Bade-Wurtemberg et Thuringe) avec la droite (CDU). A  l’approche des élections fédérales de l’an prochain une coalition CDU-Verts apparaît comme une hypothèse vraisemblable. Résultat des courses : les Verts sont donnés entre 13 et 15 % des voix à l’échelon national.

En Autriche, le récent vainqueur écologiste de l’élection présidentielle Alexandre Van der Bellen n’a reçu aucun soutien des partis de la Gauche autrichienne pour battre l’extrême Droite. Il faut dire que ses prises de position répétées  contre les migrations économiques et « une meilleure insertion de l’économie autrichienne dans le Marché Unique » avaient de quoi faire frémir de nombreux militants gauchistes.

En Lituanie, le mouvement de l’Union des Paysans et des Verts se définit lui-même comme « écolo-centriste ». Avec 22.54 % des voix il a remporté les élections législatives d’octobre dernier et gouverne le pays avec le parti social-démocrate de Centre Gauche. Ce parti dirigé par Saulius Skvernelis  un ex-policier a promis de limiter l’immigration, plus de sécurité et bien sur de faire basculer le pays dans « l’économie verte ». Il avait demandé au parti conservateur de participer à une grande coalition que ce dernier a refusé.

En Lettonie c’est une coalition de Centre-Droit qui dirige le pays depuis octobre 2014 avec en son sein l’Union des Verts et des Paysans. Celle-ci fait échec aux coalitions de gauche pro-russes (instrumentalisées de temps à autre par Poutine). Résultat : le parti écologiste a recueilli 19.5 % à ces législatives et a même réussi à faire accéder l’un des siens (Raimonds Vējonis ) à la présidence de la République. Au programme : gestion rigoureuse des finances publiques, refus d’accepter des grandes quantités de migrants mais aussi développement de monnaies locales avec en exemple l’une des villes en transition les plus connues au monde : Ventspils.

Ce petit tour d’horizon (qui aurait pu être complété par la Suisse ou la Belgique) montre que quand les écologistes sont ancrés dans la réalité économique sur un positionnement politique de bascule entre Gauche et Droite ils contribuent puissamment à l’amélioration des performances environnementales, économiques et sociales des territoires qu’ils gèrent (car tous les pays que nous venons de survoler ont fait mieux que la France au cours de la dernière décennie sur ces trois plans) et bien sur récoltent des scores électoraux conséquents.

Pour la France le message est clair : l’Alliance écologiste indépendante doit sortir l’écologie française de l’ornière où les écologistes gauchistes l’ont amené.



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