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La contrainte ouvre la voie à la créativité


La pandémie de Covid-19 et plus encore la crise écologique sont source de menace et de contraintes. Mais, pour l’autrice de cette tribune, c’est en cherchant à les déjouer ou à créer à partir d’elles que l’on devient le plus créateur.


Isabelle Gilbert est facilitatrice et formatrice en créativité depuis huit ans. En 2016, elle a créé L’Épopée des créateurs®, une méthode de pilotage de projets novateurs fondée sur les parcours de créateurs reconnus, des Beatles à Vandana Shiva. Elle a fondé l’Oasis des Sentes, un écolieu de vie et de formation tourné vers la transition écologique, en Savoie. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, les libertés que nous tenions pour acquises sont mises à rude épreuve. Les mesures gouvernementales nous contraignent à travailler à distance, faire l’école à la maison, supporter la solitude ou l’omniprésence de nos proches, accoucher sans la présence de notre conjoint… La liste est longue, mais elle n’est peut-être pas grand-chose face aux contraintes que fait peser sur nous la crise écologique : maladies dues aux diverses pollutions, exodes, sécheresses, inondations, contrôle abusif des ressources… Dans le pays des droits de l’Homme et du citoyen, contraindre est synonyme d’entrave aux libertés. Pourtant, c’est lorsque nous sommes contraints que notre créativité s’épanouit, comme nous le démontrent les populations des pays émergents. Leur exemple nous invite à faire des défis du quotidien des occasions de développer notre résilience. Car retrouver son pouvoir créateur intensifie le sentiment de liberté. Depuis vingt ans, j’accompagne les stratégies créatives à l’œuvre dans les projets professionnels. À travers les parcours de créateurs, artistes, leaders, inventeurs, entrepreneurs, j’ai identifié trois façons inspirantes de transmuter une contrainte : se laisser traverser par elle, la transformer en opportunité ou traquer l’adversité. Voici comment chacune de ces stratégies peut nous permettre de regagner des parts de liberté. Se laisser traverser En 2007, je suis comédienne au Théâtre des Minuits. Un jour, une de mes collègues quitte la troupe et je reprends son rôle in extremis. Celui d’une veuve de guerre. Je ne connais que des bribes de texte. Je n’ai pas non plus de costume. La veuve ouvre le spectacle, assise à terre au milieu des spectateurs. En coulisses, j’attrape un vieux drap noir ignifugé et m’enveloppe la tête. Lorsque les lumières s’éteignent, je me glisse lentement dans le public. En m’asseyant, le son étouffé du drap apaise mon souffle. Je m’accroche aux premières répliques comme une bouée jetée à la mer. À côté de moi, une femme sursaute. Ma gorge se serre. Soudain des images de pleureuses affluent en moi. Des femmes vêtues de noir agglutinées devant des listes affichées sur les murs extérieurs des maisons. Elles cherchent le nom de leurs hommes disparus en se lamentant. Quand je reviens à moi, un silence lourd règne dans l’assistance. Le comédien suivant a raté son entrée, tant il était absorbé par la scène. Je devine que mon jeu a reflété ma vision. À l’instant où je n’avais plus rien à quoi m’accrocher, quelque chose en moi a pris le relais. Un archétype, un morceau d’inconscient collectif. Depuis lors, je sais que, tant que j’accepterai de me laisser traverser par les épreuves, les ressources apparaîtront. Transformer en opportunité Cette leçon, je l’ai ensuite retrouvée partout, et particulièrement chez les créatifs et les plus démunis. Certains d’entre eux n’attendent même pas que les ressources apparaissent. Ils savent qu’elles sont là. Ils ont aiguisé leur regard de façon à les repérer systématiquement. Navi Radjou est un ingénieur franco-indien basé aux États-Unis. Avec ses coauteurs, Jaideep Prabhu et Simone Ahuja, il a théorisé le principe Jugaad, ou l’art ingénieux du système D à l’œuvre dans les pays dits émergents, comme l’Inde. Après avoir sillonné les petits villages de son pays natal, il découvre comment les populations qui ont moins se débrouillent pour faire avec, en plus rapide, plus simple, plus agile. Pour lui, un environnement difficile
nourrit la résilience.
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