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Les solutions existent ! #ouicpossible

Ils s’associent pour produire de l’énergie renouvelable - et ça marche !

Source : Reporterre 10/02/17


Depuis une dizaine d’années, les collectifs d’« énergie citoyenne » se multiplient pour créer des sociétés de production d’énergie renouvelable. Le but : échapper aux intérêts privés et à la spéculation. Des dizaines de projets ont déjà été réalisés. On pourrait généraliser la démarche en levant les freins législatifs et en donnant plus de pouvoir aux régions.


La Rochelle, un soir de janvier inhabituellement froid, une trentaine de personnes se retrouvent dans un local associatif. Non pas pour se revigorer d’une bonne soupe, en dansant toute la nuit ou en chantant des slogans politiques. S’ils se réchauffent ce soir-là, ce n’est qu’en parlant d’énergie.

Mais d’énergie renouvelable, et citoyenne. Dans la salle, des membres de Colibris, de Cigales (des clubs d’investisseurs), quelques élus (de gauche), pas mal de sociétaires d’Enercoop, et quelques professionnels du domaine. Ils se réunissent pour fonder une nouvelle association, qui se veut une pépinière : « Notre objectif est de faire pousser sur notre territoire des sociétés de production d’énergie renouvelable et citoyenne », déclare Guy Martin, l’un des initiateurs du projet. Concrètement : imaginer, organiser et financer l’installation d’éoliennes, de panneaux photovoltaïques, d’unités de méthanisation, etc., sans attendre que de grands groupes industriels s’en chargent à leur place.

Leur nom ? « À nous l’énergie ». Slogan parfait pour une asso qui se veut « outil de réappropriation collective de productions locales d’énergie ». « Si je m’engage, c’est pour mes petits-enfants, c’est à eux que je pense », explique Christine, une retraitée impliquée dans le projet depuis le début. Elle ne connaît pas grand-chose en électricité, et encore moins en « société de production d’énergie ». Tout comme son compagnon, Georges : « Je commence à me renseigner sur les lois, les décrets à propos de l’énergie. Je ne dis pas que ça me passionne, mais ça fait détective ! » Des citoyens lambda — ou presque, plutôt âgés, masculins et aisés — qui veulent passer aux actes en impulsant les projets d’énergie renouvelable dont on a tant besoin.


Guy Martin, lui, était ingénieur avant de prendre sa retraite et de participer à la création de la coopérative Enercoop Bretagne, qu’il a présidée pendant deux ans. « Cela demande beaucoup de temps, des compétences, de la détermination et de la passion », assure-t-il. De la détermination, Christophe Babin en a fait preuve. Agriculteur, éleveur laitier à Villedoux (Charente-Maritime), il s’est lancé dans le renouvelable en montant un projet de méthanisation, Méthadoux. « J’en avais ras-le-bol du système agricole, je me suis demandé ce que je pouvais apporter face au changement climatique. Je suis tombé sur la méthanisation : excellente pour le bilan carbone, elle diminue de 30 % le méthane émis par l’élevage. Et puis, il y a un lien avec le monde agricole, que je connais bien. »

Le Terre de liens de l’énergie

Son idée : mutualiser les déchets agricoles des agriculteurs locaux et mettre en place une unité de méthanisation afin de produire de l’électricité et de la chaleur. Pour y parvenir, depuis 2007, Christophe et les autres agriculteurs engagés dans le projet ont dû démarcher des partenaires et mener des études de faisabilité. En parallèle, Christophe a arrêté l’agriculture pour se consacrer à toutes ces démarches. « Je me suis formé tout seul, à force de rencontres et d’échanges avec les bureaux d’études », explique-t-il.

Au fil de leur avancée, deux questions principales finissent par se poser : quelle solution technique de méthanisation choisir, et comment la financer ? Pour la première, ils optent finalement pour la production de gaz (plutôt que la cogénération), qui sera directement injectée sur le réseau urbain. « Ce procédé a un rendement de 88 à 90 %, il y a très peu de perte. L’objectif est d’apporter 60 tonnes de matière par jour, pour produire 150 m³ de gaz par heure, soit la consommation de 1.400 foyers sur une année », précise M. Babin.

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